Voici un article tiré de l'Express Voyage portant sur les tout récents attentats de Jakarta, sur l'île de Bali, en Indonésie.

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L'Indonésie a renforcé cette semaine la sécurité de ses sites les plus sensibles afin de prévenir un nouvel acte terroriste, dont l'éventualité n'est pas écartée après le double attentat suicide contre deux hôtels de luxe de Jakarta. Un appel à la « vigilance » a été lancé par le président Susilo Bambang Yudhoyono, qui a assuré que « la nation ne serait pas vaincue par le terrorisme ». « Chacun doit être sérieusement contrôlé » lorsqu'il pénètre dans un hôtel ou un lieu public sensible, a ajouté jeudi le chef de l'Etat.
   
Bien qu'il marque le retour du terrorisme après quatre années de calme, le double attentat de Jakarta n'a provoqué ni affolement dans la capitale ni départ précipité des touristes, nombreux sur l'île de Bali.
   
Mais les autorités savent, par expérience, qu'une nouvelle vague d'actes terroristes briserait l'image de stabilité qu'a gagnée l'Indonésie ces dernières années aux yeux du monde.
   
Cette perspective semble prise au sérieux puisque la police a annoncé jeudi l'interpellation d'un homme prêt à perpétrer un attentat suicide, suivant l'exemple des deux kamikazes responsables de la mort de sept personnes dans les hôtels Marriott et Ritz Carlton le 17 juillet.
   
« Il a admis avoir été recruté pour une mission suicide par Noordin Top », considéré comme le suspect numéro un pour l'organisation des deux attentats de Jakarta, a déclaré un responsable policier, Alex Bambang Riatmodjo. De nationalité malaisienne, Top est plus que jamais « l'homme le plus recherché d'Asie du Sud-Est ». Il reste introuvable malgré les vastes moyens policiers engagés après la vague d'attentats ayant tué environ 250 personnes entre 2002 et 2005. Les policiers ont interpellé cette semaine une femme qui serait sa troisième épouse et le père de celle-ci après la découverte de matériel explosif similaire à celui utilisé à Jakarta.
   
Mais ils butaient encore vendredi sur l'identification des deux kamikazes, qui n'ont laissé ni revendication ni message derrière eux. Selon les portraits-robots établis cette semaine, ils étaient de type asiatique et l'un d'eux n'aurait été âgé que de 16 ou 17 ans.
   
Certains experts estiment que Noordin Top agirait désormais indépendamment de la Jemaah Islamiyah, la mouvance clandestine radicale liée à Al-Qaïda en Asie du Sud-Est.
   
Son groupe « a évolué, est devenu plus sophistiqué et a appris de ses erreurs. Il est désormais capable d'utiliser des subterfuges et d'agir contre des cibles protégées », souligne Rohan Gunaratna, un spécialiste du terrorisme basé à Singapour.
   
Les kamikazes auraient ainsi bénéficié de la complicité, au sein même des deux hôtels, d'un fleuriste qui y travaillait depuis plusieurs années, selon les médias. Ce dernier a disparu le jour des attentats.
   
Les spécialistes notent par ailleurs que les kamikazes ont vraisemblablement voulu éviter les morts d'Indonésiens, se faisant exploser dans deux salles de restaurant occupées par des étrangers. Au Marriott, ont ainsi été tués quatre hommes d'affaires ainsi qu'un diplomate occidentaux participant à un petit-déjeuner organisé par une société de conseils réputée de la capitale.
   
« Si l'enquête démontrait que cette réunion était spécifiquement visée, cela obligerait les Occidentaux, surtout les hommes d'affaires, à se montrer plus vigilants », a souligné un diplomate européen.